Depuis début 2017, le Pôle emploi donne les chiffres du chômage tous les trimestres alors qu’elle le faisait tous les mois auparavant. Cette modification doit permettre de mettre en évidence de manière plus précise la tendance du chômage en France. C’est en tous cas le point de vue de nombreux économistes et de la DARES (direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques). Par ailleurs, à son entrée dans ses fonctions, Muriel Pénicaud, ministre du travail, a déclaré qu’elle ne commenterait pas cette statistique qui n’est pas le reflet, selon elle, de « l’évolution du marché du travail ».

Comment mesure t-on en France ?

Il existe en France deux indices : un premier mesuré par l’INSEE et un second communiqué par le Pôle emploi. Nous verrons que les données du Pôle emploi correspondent au nombre de demandeurs d’emploi inscrits tandis que l’INSEE mesure le taux de chômage. Si vous souhaitez approfondir cette question, consultez le Blog du Business et de la Finance.

Le taux de chômage de l’INSEE

Le taux de chômage est mesuré par l’INSEE selon un calcul défini par une agence de l’ONU intitulé BIT (Bureau International du Travail). Il faut préciser que nous partageons ce calcul avec la plupart des pays du monde. Ce taux de chômage est obtenu à partir d’une enquête effectuée tous les trois mois auprès de 65.000 foyers.

Les chiffres du Pôle emploi

Comme nous l’avons vu rapidement, les chiffres du chômage du Pôle emploi sont diffusés chaque trimestre comme le taux de chômage de l’INSEE. Les statistiques mensuelles avaient l’inconvénient de mettre en lumière des baisses de chômage qui pouvaient être liées davantage à des accidents administratifs qu’à une tendance de l’emploi en France ; par exemple, un demandeur d’emploi qui a été radié par erreur parce qu’il a oublié de s’actualiser, que le système de notifications par sms du Pôle emploi est défaillant…  Les chiffres par trimestre a au moins l’avantage de présenter une tendance plus uniforme du nombre de demandeurs d’emploi.  Le Pôle emploi classe les demandeurs d’emploi en cinq catégories : la première catégorie correspond aux personnes à la recherche d’un contrat à durée indéterminée à temps plein. La catégorie 2 renvoie aux individus en quête d’un contrat à durée indéterminée à temps partiel. La catégorie 3 représente les demandeurs d’emplois qui cherchent un contrat à durée déterminée à temps plein. Pour être admis dans l’une des ces trois catégories, le chômeur doit respecter l’un de ces conditions : n’ayant pas travaillé, ayant effectué une activité professionnelle de 78 heures maximum dans le mois ou ayant suivi une formation de 40 heures maximum dans le mois. Les demandeurs d’emploi classés dans ces trois catégories ont l’obligation de s’actualiser chaque mois et de chercher activement un emploi. La catégorie 4 désigne les conditions suivantes : formation supérieure à 40 heures dans le mois, contrat de sécurisation professionnelle, service civique, arrêt maladie ou accident de travail supérieure à 15 jours, congé maternité, absence supérieure à 35 jours sur l’année. Les individus classés dans la catégorie 5 travaille à temps plein dans les situations suivantes : contrat de travail d’une durée minimale d’un mois, création ou reprise d’entreprise ou contrat aidé. Les demandeurs d’emploi inscrits dans les catégories 4 et 5 sont dispensés de recherche d’emploi et d’actualisation. Les individus dans les catégories 6, 7 et 8 ont travaillé plus de 78 heures (mais pas à temps plein), ils doivent s’actualiser et chercher activement un travail. Mais les personnes de la catégorie sont à la recherche d’un CDI à temps plein, les personnes de la catégorie 7 sont dans l’attente d’un CDI à temps partiel et les personnes de la catégorie 8 recherchent un CDD à temps plein.